L'Hommage à la Forêt

Les demoiselles d’Armissan

C’était un beau jour au mois d’août. Je me promenais dans les collines à coté de Narbonne, un coin magnifique. J’hésité… j’étais sur un seuil entre deux mondes, l’un si beau, joyeux, plein de couleurs, sensations. des oiseaux qui chantaient et voletaient d’un arbre a l’autre, le froissement des feuilles, les odeurs de la garrigue, le thym et le romarin. Un paysage plein de vie, je respirais le bonheur…

DEVANT MOI – L’OBSCURITE

Je fermais la porte derrière moi et avançais entre les arbres. J’avançais lentement le pas lourd, mon cerveau engourdit par tout ce que je voyais a travers mes yeux humides. Tout autour, des troncs carbonisés, dénudés. Je respirais la désolation. Un paysage monochrome, noir et gris. Au sol un tapis épais , grisâtre, de cendres, tout végétation effacée. Il y avait un silence absolu et total. Pas le frémissement des feuilles, pas le cri des oiseaux, ni d’animaux qui s’échappent dans les buissons. Puis loin devant a travers les colonnes noircis j’apercevais des touches de couleur, c’était les vignes d’Armissan. Elles ont survécu, mais plus que ça, elles ont coupé le feu.

sculpture dans un rayon de soleil
Des semaines plus tard j’y étais de nouveau pour m’immergé dans les sensations de cette foret avant l’aube. Une lumière opaque de la pleine lune me guidait enter les arbres.
Je marchais lentement, j’avais peur de déranger la nature endeuillée, mes pas amortis par le tapis gris. Par mis les arbres squelettiques des ombres spectrales me suivaient.

Là devant moi, une parcelle de vignes encerclée par les sentinelles cramées, malgré la lumière laiteuse, c’était un îlot de vie dans la mer morte. Une explosion de couleurs automnale, les vignes habillées en rouge jaune et marron. C’était un contraste à couper le souffle. J’étais pétrifié, ne pouvez pas bouger, a peine respirer, émerveillé.

Sous mes yeux doucement, doucement les vignes commençaient à bouger, peut être un trompe l’œil, une illusion, un jeu de lumière, mais non! les anciennes plantes, avec des formes tordues, presque humaine et habillées d’une écorce torturée, commençaient de se débarrasser de leurs vêtements rugueux, grossiers. les habilles tombaient par terre les corps dénués d’alabastrite lisse comme du marbre commençaient à danser, un spectacle étrange et d’une beauté inouïe. J’étais envoûté, une scène plein de bonheur, joyeuse… autour la désolation.

Petit à petit l’aube avançait, le cri aigu d’un oiseau brisait la silence, je clignais et la devant moi une parcelle de vignes, l’îlot de vie dans la mer morte.

détail d'une tête créé d'après une souche de vigne
demoiselles sur socle
exposition de sculptures en bois
Peu après, dans la vallée d’Armissan qui pénètre la foret , j’ai sauvé quelques souches d’une parcelle arrachée. Avec des mains tremblantes j’enlevais l’écorce de chaque souche. Les voici, les demoiselles d’Armissan dénudées, des corps d’alabastrite, lisse comme du marbre.

Je n'ai pas rêvé…